Vies et morts de John Lennon

Publié en 2021, ce deuxième roman part de l’instant précis de l’assassinat de John Lennon, le 8 décembre 1980 aux environs de 22h45. Un événement à l’écho mondial, qui se déploie dans le livre, à travers les consciences de ceux qui, de près ou de loin, continuent d’aimer le célèbre musicien après sa mort.

Une année, ce n’est rien. Une année passe plus vite qu’un battement de cils. C’est ainsi que ceux qui connaissent le deuil renaîtront à eux-mêmes. Reste l’empreinte.

Deuxième livre publié chez Médiapop éditions, Vies et morts de John Lennon raconte l’après-assassinat du musicien, en épousant, dans ses flux et ses méandres temporels, les réactions, parcours et souvenirs de 40 personnages, 20 réels – parmi lesquels Yoko Ono, les 3 autres Beatles ou la photographie Annie Leibovitz – et 20 entièrement fictifs.

À la manière de la deuxième pièce d’un diptyque, après Le jour où les Beatles se sont séparés, plus volontairement dramatique et fragmentaire, Vies et morts de John Lennon inscrit son récit dans le temps infiniment long de l’après-événement. De l’instant décisif de l’assassinat aux heures suivantes, puis des jours et des années après son spectaculaire surgissement. Comme une empreinte sensible, où l’oubli et la disparition ne sont jamais loin, mais où les souvenirs et l’expérience de la musique, et leurs baumes, continuent de résister dans les consciences.

Vidéo de présentation du livre, avec la voix de Pierre Lemarchand

Extrait, autour du personnage de la photographe Annie Leibovitz

Trois heures. Annie est au courant depuis trois heures. Trois heures passées à fuir les dernières nouvelles. Trois heures à chasser, sans y parvenir, les souvenirs du matin, ceux de l’après-midi.

Plusieurs rouleaux de pellicule à développer, d’autres commandes en attente, des projets à formuler. Mais rien qui ne puisse démentir cette réalité têtue qu’à présent elle refuse de voir en face. Et cette image qu’elle garde en mémoire. Et toutes celles qu’elle a mises de côté depuis dix-sept heures et peut, si elle le souhaite, tenir entre ses mains : les polaroïds pris l’après-midi même dans l’une des chambres du Dakota. Les dernières images. La dernière. John qui a imposé la présence de Yoko. L’art de la persuasion dont tous deux ont su faire preuve, mais d’une manière différente, lui par les mots et les traits d’humour, elle par les silences et l’expression de son regard. Et l’image qui, lentement, s’est imposée à eux trois, parce qu’Annie a fini par rendre les armes, parce qu’au fil des minutes une confiance paradoxale s’est installée entre eux. Parce qu’elle les respecte. Parce qu’elle les admire etne peut rien leur refuser. Parce qu’ils sont John et Yoko. Yoko et John.

Et leur présence, leur magnétisme, et plus encore : ce que l’énergie de l’un développe comme potentialités chez l’autre. Et leurs deux corps qui se répondent et finissent par s’ajuster pour n’en former plus qu’un, comme l’un de ces êtres bicéphales sortis d’un songe, d’une fantasmagorie.

Annie revoit la blancheur de sa peau et le noir du pull-over. Et cet autre pull-over qu’il portait avant de se dévêtir, identique au premier. Et son jean flottant sur le rebord du lit.

Sous les plis du pantalon, elle revoit la forme du sexe de Yoko. Et celui de John caché par sa jambe gauche, un angle saillant.

Elle revoit la pointe de son pied gauche appuyée au sol, et l’ombre légère sur la moquette de couleur crème. Elle revoit ses grains de beauté et leur minceur à tous les deux.

Les bras enveloppant la tête de Yoko, et ses longs cheveux noirs éclatant comme un bouquet, jusqu’au bord supérieur de l’image.

Une perle de lumière dans son regard. La tristesse de son regard anticipant le malheur à venir, et les yeux fermés de John. L’expression simple de l’amour qu’il lui porte. L’amour immense qu’il lui porte.

Elle le voit encore retenir son souffle en mimant un baiser.

Elle repense alors à la douceur horizontale de la scène, et, déjà, à leurs deux corps séparés.

Presse (sélection)

Un ouvrage de référence (France Culture)

D’une écriture poétique, Hugues Blineau rend compte de l’incrédulité qui a touché de plein fouet des millions de personnes dans le monde (François Huguenin, La Vie)

Vies et morts de John Lennon est un roman court, intense et profond (Lisa Balavoine, Section 26)

Un ouvrage qui touche au plus haut point, au-delà de l’événement et de la perte d’un immense artiste (Addict-Culture)

Un livre qui parle de manière juste du travail de deuil et de ce qu’il nous reste (Éric Debarnot, Benzine Mag)

En écoute

Deux reprises inédites de chansons de John Lennon, respectivement « Oh my Love » et « Woman » par les musiciennes française Lonny et Vanessa Philippe, créées à l’occasion d’un long entretien autour de mon parcours, à l’invitation du journaliste Henri Landré sur la radio nantaise JET FM, mars 2021